par
Christine Dessaux
Tarbes, le 04/04/2012
Poésie sur E-Toiles
8 femmes et 1 homme forment donc la liste de mon premier
atelier d’écriture par e-mail.
Cet afflux m’enthousiasme, me
donne un élan ; élan tout de même teinté d’anxiété à l’idée de conduire un
groupe composé d’individus inconnus ; vas tu apprivoiser sans aucun
problème ce réseau de fils tendus à tous les coins de France et
d’Outre-mer ?
Comme une araignée agile, petite ouvrière discrète qui
travaille à son ouvrage, je m’immobilise, perplexe devant le défi : tout
sera contenu, classé, rangé dans le petit disque dur de mon Mac OSX
Leopard ; la concentration de l’araignée couplée à la vitesse du léopard
devraient aider à relever ce nouveau défi !
Chacun va t-il bien maitriser son
outil informatique, à commencer par moi ? OUI ! commençons par ouvrir
le champ des possibles, dans le sens du meilleur ! en même temps, je fais
mon petit film…film muet : pas de visages, pas de poignées de main, pas de
voix, qu’elle soit perchée, timide ou autoritaire, pas de sourire ou de regard
inquiet, pas d’infos sur les origines des uns et des autres, pas de salle de
réunion, pas de café à offrir...une avalanche de vieux repères à oublier,
classons les souvenirs ! dorénavant, le premier RV a lieu sur mon écran 17
pouces, espace ô combien réduit par rapport à une salle de réunion choisie avec
soin, et dans un intervalle de
24heures, temps ô combien allongé face aux horaires du passé ! l’araignée
assouplit ses articulations, la gymnastique, c’est bon pour le corps et
l’esprit !
Les premiers échanges
s’organisent autour d’une demande liée à la bonne réception des
documents : les uns derrière les autres, ils s’affichent, dans la boite de
réception attendant d’être ouverts .
D’un simple « Bien reçu, à bientôt ! »
à des messages plus bavards indiquant le plus souvent le plaisir de
l’expéditeur à entrer dans l’atelier : pas un simple hôchement de tête,
non, mais derrière les mots, un sourire , « je suis heureuse de
commencer et de faire votre connaissance »…3, 10 ou 15 mots et déjà je
perçois ici une timide, là un pressé, ou encore un vif désir, une poignée de
main qui illumine l’écran et humanise la première étape de l’aventure à venir.
Une semaine plus tard :
En réalité, moins
d’une semaine plus tard, un premier texte, (impatient ?), arrive avant l’heure
sur la toile, destiné donc à chacun de nous. Celui d’Elisabeth, ah ! mais
laquelle, Elisabeth H ou Elisabeth D ? tâcher de ne pas les
confondre ! pas de visage, pas de timbre de voix, pas…pas…..bien graver
les noms et tout ira bien !
Donc premier texte, première lecture ! il arrivait
parfois, en atelier présentiel, que l’un ou l’autre se précipite pour lire son
texte avant tous , avouant « comme ça, je suis débarassé€ ! »
mais là ??? la p’tite enveloppe sur l’écran ne m’a rien dit sur l’état
supposé de l’auteur : de sa satisfaction d’avoir écrit ou de son
anxiété ; rien ne tremble devant mes yeux, chaque mot se tient bien droit,
aucun d’entre eux ne trahirait
quoique ce soit d’une éventuelle fébrilité de la main qui a saisi les
caractères sur le clavier !
Puis, en 24heures, me parviennent
tous les textes, certains signés, d’autre pas …autre indice, pensai-je,
…signature, équivalent de quoi en atelier présentiel ? au grain de la
voix ? à l’implication ? foutaises, me dis-je !
J’ouvre donc les pièces jointes, m’attache à les enregistrer
puis à les imprimer. Les polices ne sont pas si différentes, pas de quoi en
savoir davantage sur les tempéraments !
Mais une certitude : une grande tâche m’attend, lire,
relire, noter, questionner, fouiller, farfouiller les 9 poèmes, créer à chaque
fois un miroir, celui d’une lectrice plus ou moins chevronnée, plus ou moins
habile ; miroir dévoilant mon regard, ma sensibilité, ma façon d’aller au
devant des mots de mes poètes apprentis inconnus, goûter leurs phrases, les
interroger, les entendre, peser les mots, en faire le tour, passer
derrière…serai je juste, bienveillante et rigoureuse à la fois ?
La page blanche document word prend tout ce que je lui
dicte, puis je relis, soupèse, ajuste….
Bientôt, ce seront eux
qui me liront et ressentiront plaisir, étonnement, déception…
Ce sont eux qui éprouveront des sentiments à mon égard, à
travers mes retours !
Jeu de dévoilements progressifs !
La lumière crue du jour trace des rais sur le
mur face à moi, comme l’araignée étoile ses fils.
Avec ardeur et sans se poser de question !
Christine
Dessaux
Aleph
Midi-Pyrénées
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