mercredi 30 mai 2012

Dans l'atelier de la revue - La voix du Comité de Lecture




Au fil du temps, nous nous sommes rendu compte que l’élaboration même de ce blog donnait lieu à des réunions qui ressemblaient à un atelier d’écriture. C’est pourquoi nous avons choisi pour introduire la rubrique « Animer et écrire », de vous faire entrer dans l’atelier de la revue en vous restituant quelques uns de nos échanges. Vous dire d’où nous sommes parties pour vous proposer le ton de cette revue… en espérant que vous prendrez la suite …


Dans l’atelier de la rubrique: Animer et écrire

 (extraits sonores de JD) et/ou retranscription (à retravailler à partir du travail de JD).

P. 4

« EM : Donc vous parlez de la création non seulement en écriture, mais aussi dans les autres arts,  et de comment toute création est influencée par les autres arts.
L'appel à contribution serait "dans quel art vous trouvez votre nourriture, et comment?"
« CSM : Le point de départ commun est une émotion. C'est elle qu'on essaie d'atteindre à nouveau, en écrivant.
Pour Emmanuelle Martins, le thème "processus de création", dans le contexte de  l'Inventoire, renvoie à la pratique de l'atelier d'écriture. Il faudrait des textes sur comment l'animateur crée sa matière, comment il favorise la création, par ses propositions d'écriture ( "Il y a, dit-elle, des propositions  qui font piétiner les gens, et il y en a qui les font aller dans du nouveau, forme ou fond").
DP : "L'invention pédagogique entre dans la boîte "processus de création" si cette invention part d'un texte d'écrivain."
EM : il faudrait des textes aussi sur "comment l'animateur favorise la création grâce au groupe, par les relations, qui peuvent donner lieu à une grande créativité."
L'appel à l'écriture aurait pour but de motiver des animateurs à formaliser ce qui permet, encourage, accompagne la création dans leur atelier. Ils seraient challengés par la manière dont nous concevrions nos rubriques.

DP : Et tu ferais écrire " telle proposition d'écriture a donné ceci... " ?
EM : Oui, cela aussi. J'imagine un animateur seul, en province, ou ayant à intervenir en maison de retraite ou à la MJC du coin : L'Inventoire pourrait lancer un challenge : quelle proposition, pour vous, a le mieux fonctionné, en tant que proposition, et/ou en tant que créant une dynamique de groupe ? Le contributeur expliquerait une chose dont il est très content. Et on ferait en sorte que ça rebondisse. Cela créerait une matière riche. On modèrerait les commentaires de ce forum.
Sur le "processus de création" on pourrait aussi imaginer un dossier : on ferait une proposition assez large, sur tous les thèmes ci-dessus, et on classerait les textes qui arriveraient en faisant en sorte que les articles se répondent. » Fin de l’extrait.

Puis p. 9
« JD lit sa liste, qui apparaît comme une très bonne matière, dans le thème de la revue.

CT : C'est une sorte de prière, que chaque animateur pourrait relire avant d'entrer dans son atelier.
EM : J'imagine pour ce texte une rubrique particulière, où on le retrouverait tout entier ; et d'autre part la mise en exergue d'un item à la fois, qui changerait tous les jours.
Je suis sûre que les personnes qui liront ce texte se mettront en création pour leur prochain atelier.


CSM lit son "ébauche" de récit d'un moment d'atelier où une personne était en panne, et la très belle réflexion personnelle finale, sur la nécessité d'un "sas".

EM se souvient que Rilke  mettait 3 jours à rentrer dans son texte.

CT : C'est le passage entre intérieur et extérieur. On pourrait travailler à toucher ça : comment l'animateur, comment les participants quittent le quotidien et font silence pour que quelque chose advienne. De la façon dont l'animateur passe cette porte-là dépend la capacité  ses participants à la passer. S'ils sentent que l'animateur est entièrement présent, ou sur scène, ou dans sa grotte ils vont suivre ou pas.
EM : Ce peut être l'objet d'un appel à textes.
CT : Quand je suis avec mes participants je suis complètement dans un autre monde.
On peut avoir eu un accident d'auto on s'en fout carrément, et quand on sort on est heureux. Donc on peut parler et du début et de la fin.
EM : ça me pose la question de quelle proposition choisir pour clôre l'atelier, pour aider les gens à retomber dans la vie.
CSM : Après l'atelier on ne peut pas dormir tout de suite, on est comme rechargé.
CT: C'est commun à l'état mystique, et plus prosaïquement au jogging...
CSM : Le temps de latence est propre à la création en tout cas.
CT : Ce pourrait être un objet de la rubrique.
CSM : La rubrique Entrer/Sortir

CT : Ayons des titres énigmatiques, pour attirer.
CSM : Oui. Mais le titre "Animer ou écrire" ne va pas, il est ambigu.
CT : C'est le malheur de l'écrivain. L'écrivain qui laisse des plumes.
EM : Ou l'animateur. Dilemme. Le temps consacré à animer, le temps consacré à écrire...
CT : Il faut réfléchir
JD : du genre "l'animateur déplume-t-il l'auteur ?" "L'auteur déplumé", "le ravissement de l'auteur" on avait dit. "L'animateur ou le ravi"...
CT : On est auteur, oui, parce qu'on écrit personnellement, et aussi on est auteur en tant qu'animateur.
CSM : C'et de là que naît la question. A Aleph, beaucoup d'animateurs n'arrivent plus à écrire. L'animation mange trop.
EM : Mais si on met "rapt" dans le titre, on prend parti.
Avec le titre  "animer ou écrire ?", c'est juste poser la question. Pour moi les deux activités se nourrissent.   Je ne parlerais pas d'équilibre... Mais les deux sont aussi importantes.
CT : Moi je me récupère du temps qui m'est ravi en mettant en scène certaines de mes séances d'animation (- dans les nouvelles de "réel fantastique" NDR ). Je m'en nourris.
EM : Quand je prépare mes ateliers j'apprends énormément de choses, qui me sont utiles ensuite pour mon écriture.
CT : Pour moi l'animation demande non seulement le travail pour les ateliers, mais tout ce qui est en dehors, les facturations, le travail avec les centres culturels...
CSM : Et des lectures... pour moi, sont des obligatoires : Jacqueline de Romilly sur la mémoire (Les trésors de la mémoire oubliée), Pastoureau sur les couleurs, s'ajoutent aux livres que je lis pour mon plaisir. Il y a la création de la proposition, puis la lecture des textes des participants : cela représente un temps inouï, et en dehors de l'atelier. Sans compter ma vie professionnelle et autre. Pour écrire pour moi je dois arrêter tout le reste.
ET : Ce que je sacrifie c'est la lecture, et ce n'est pas bon.
J'ai énormément lu pour découvrir la littérature portugaise, et pour l'atelie
CSM : Des films ?
EM : Oui, Wim Wenders (Lisbonne Story), Tanner (Dans la ville blanche)...
CSM : Tabucchi...
EM : Oui Requiem et Perera prétend ; Pessoa : Le livre de l'intranquillité est beaucoup plus populaire en France qu'au Portugal ; le début de Ode maritime est très poétique sur arriver et partir.
CSM : Le bureau de tabac... » (fin de l’extrait).

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire